Une fédération sportive en crise ! Après le décès brusque d'un président "historique" sur fond d'escroquerie à l'assurance, un nouveau président (ancien militaire) s'essaie à la transparence... montée des tensions au sein du Comité Directeur qui finit par exploser... le président démissionne, orchestre son retour... l'Assemblée Générale 2006 est "houleuse", "agressive"... une vraie tentative de reprendre le pouvoir en force !
Représentant mon club à cette assemblée, j'écris et publierais cette "Lettre Ouverte" pour bien décrypter et exposer la manoeuvre, et pour soutenir la nouvelle équipe auprès du "peuple" en ébullition. Je rejoindrais ensuite le nouveau Comité Directeur pour travailler les années suivantes à une refonte des Statuts et règlements.
LETTRE OUVERTE A J.M. P.
Mais enfin, monsieur P., que voulez-vous ???
Vous avez décidé un jour le renvoi du Directeur Technique National, ce qui constitue quand même une décision d'importance pour une fédération, et qui aurait justifié il me semble, à tout le moins, un débat au Comité Directeur ... vous n'avez pas eu cette patience (10 jours) et n'avez pas aimé être désavoué par le dit Comité Directeur sur ces manières « solo » ... et vous prenez alors la décision - que personne ne vous réclame - de démissionner ...
Bien ...
... et l'on ne tarde pas à voir poindre sur quelques forums Internet et se répandre dans les clubs toute sorte de bruits ... « c'est le bordel à la fédé ! » ... et la demande de démission collective du Comité Directeur comme solution suprême pointe bientôt le bout de son nez ...
Demande confuse car seuls les initiés peuvent vraiment savoir de quoi il en retourne, mais soit !! ...des pétitions circulent : « Ca ne peut plus durer, il faut un retour devant le peuple ... démission générale !!! »
Etonnement tout de même ! Ce comité là, dont on veut la démission, n'a-t-il pas été élu selon les règles ?? Y a-t-il eu magouille, manœuvre, usage de faux à son avènement pour justifier pareille opprobre ??? Mais non, rien de cela ... son élargissement répond même à votre souhait, Monsieur, et c'est sous votre mandat qu'il se forme ... à un moment où il vous aurait été facile, en demandant plus de candidatures, que le «peuple» tranche et écarte le bas de la liste ... vous ne l'avez point fait ... manque de clairvoyance et d'anticipation ?? Manque de sens politique ???
Cela laisse bien l'impression, monsieur, que vous ne savez pas utiliser les règles du jeu, anticiper, manager les hommes. Et qu'au fond - la suite va le montrer - faute de ce savoir-faire, vous utilisez le «passage en force», le «hors-la-loi», pour vous maintenir malgré tout. Ce qui, pour un (ex) Président de Fédération, montre un bien mauvais exemple (le hors-la-loi) et conduit forcément à des conflits interpersonnels (le passage en force)... dont vous rejetez la responsabilité sur les autres !! Ben voyons !!!
Car effectivement il y a des règles à la révocation du Comité Directeur ... des règles que l'on accepte quand on «adhère » ... des règles qui peuvent être modifiées par une procédure (Assemblée Générale Extraordinaire). Vous l'avez fait sur d'autres points, c'est donc faisable ... un peu lourd tout cela sans doute, mais l'on n'a pas trouvé mieux pour se prémunir des pressés, des autocrates et dictateurs en tous genres et des « faits du Prince » ... pas toujours éclairé.
Car quelles propositions en alternative à ces règles communes ? La pétition ? L’applaudimètre (on a même entendu cela lors de l'Assemblée Générale !!) ? Le coup de force ? ... et notre fédération serait-elle à ce point un lieu de crime, de gabegie, de corruption, d'asservissement de son peuple que cela justifie la révolution ? On désigne confusément deux B. et un V. (sans jamais les nommer) à la vindicte populaire... ils porteraient le poids de l'affaire des assurances... faut-il lyncher ces trois là - qui certes grandiraient à partir - pour résoudre l'affaire ??? Faut-il redire qu'ils ne sont là, régulièrement élus aux vues de nos statuts, que parce que vous n'avez pas su, en temps et en heure, faire ce qu'il fallait pour qu'ils soient écartés... dans les règles.
Mais naïveté à penser que votre problème serait ces trois là !
Et il faut décrypter la manœuvre :
J'ai bien eu votre liste de candidats, avant l'Assemblée Générale ... complète, prête à prendre les commandes ... une liste « unie», pour « fédérer», avec des valeurs de « démocratie participative», pour en finir avec le « devoir de réserve» !! (Ah les beaux mots que l'on arrange au kilomètre avec les copier-coller et l'Internet !! J'ai aussi, monsieur, cet art là, mais sais bien hélas, que les mots font souvent paravents à de bien mauvaises manières.)
Car, au fond, votre analyse étant que c'est « le manque d'unité et de partage des valeurs du Comité Directeur» qui aurait empêché son bon fonctionnement (à vos yeux) ... vous produisez donc, cette fois-ci, une équipe « cohérente et unie» pour qu'enfin cela fonctionne ... Bref il vous faut « votre» équipe ... c'est cela qui n'allait pas ! Soit ...
Mais pour que cela se fasse, il faut que le Comité Directeur démissionne ... dans son ensemble ... pas seulement les trois dinosaures ! Démission générale donc, que vous même et vos colistiers surtout vont asséner sans répit à longueur d'Assemblée Générale ... demandant, de faite, que l'article 14 de nos règles soit bel et bien oublié (!!), pour que les 64% du peuple FFVL « présent ou représenté» puisse s'ériger, ici et maintenant, en pouvoir suprême, pour décider, que dis-je, exiger !! ... La démission générale qui fasse le lit de votre projet ...
Le coup de force est en place ... mais lâche, monsieur, je l'affirme : car vous n'avez pas voulu faire le bilan moral de vos 11 mois et 10 jours de mandat ... laissant à l'intérim des 20 derniers jours le soin de s'exposer aux votes et à la vindicte agressive de la partie de salle qui veut la démission !! Je ne vous trouve pas très courageux sur ce coup là ... Vous lisez un « bilan d'activité» (confusion vous n'avez pas été Secrétaire Général en cette période) non statutaire, comme pour vous attribuer, seul, le travail de toutes les équipes ... et vous n'avez pu faire cela que grâce à la courtoisie du secrétaire de séance qui ne vous a jamais refusé la parole, sans être dupe de vos manières et intentions pour le moins douteuses !! ... ils ont eu, monsieur, cette élégance là à votre égard...
Mais vous... euh... sérieusement... vous pensez «fédérer» avec des manières pareilles ????
Nous voilà donc à l'après midi dans une pression extrême ... les chiens sont lâchés et le bureau directeur fini par proposer - dans le respect de nos règles communes - que soit réalisé un vote indicatif de la salle sur la « démission générale » ... et que les membres restés en place indiquerons ensuite leur position personnelle ...
Vote donc et 66% des « présents ou représentés» (42% du peuple fédéral donc) sont favorables à une démission du Bureau directeur ... Chacun des élus vient donc s'exprimer : les B. et V. refusent de démissionner ainsi que quelques autres qui défendent avec courage, devant la meute, leurs activités ou convictions et légitimité ... et c'est leur droit le plus strict à relire nos règles communes, il faut bien l'affirmer et le redire très fort !!
Du coup les furieux sont furieux !! Le passage en force a échoué ...
Délibération des membres de votre liste monsieur, et vous décidez, collectivement, de retirer vos candidatures (vos manières ne supportent donc pas d'avoir une opposition !!??) et chacun viendra dire ses motifs, ses désillusions et ses blessures ... Emotions ...
Donc ceux qui restent candidats sont élus ... pas beaucoup de voix mais ils sont élus, ce sont nos règles.
Alors, monsieur, je m'inquiète et je me réjouis :
Je m'inquiète d'une gouvernance de projet qui fonctionne dans l'immédiateté personnelle de l'instant, sans savoir se donner le recul du temps et la sagesse de la réflexion collective.
Je m'inquiète d'une gouvernance de projet qui ne sait pas composer avec une opposition ... fusse t'elle forte.
Je m'inquiète d'une gouvernance de projet qui abandonne le navire en route parce qu'on la contrarie (crime de lèse-majesté ??) ... et veut foutre le feu au bateau (ce qui n'est pas bien difficile chez nous depuis l'affaire des assurances) pour montrer peut être que « sans elle, point de salut ! »
Je m'inquiète d'une gouvernance de projet qui voudrait se jouer des règles qu'elle ne sait pas utiliser à bon escient ... et invite donc au non-respect ... des règles communes ... quand ça l'arrange !!
Je m'inquiète d'une gouvernance de projet qui utilise la manœuvre, la confusion des genres, la vindicte populaire, la pétition, la générosité et la passion des naïfs ... bref le passage en force.
Je m'inquiète d'une gouvernance de projet qui n'hésite pas à monter les furieux, les frustrés, les vindicatifs, les révoltés, les libertaires, les incendiaires, les généreux, les affectifs ... ils font facilement les milices des aventuriers ... (j'ai vu au lendemain de l'Assemblée Générale, sur un forum connu sortir le mot « pourris» !! déjà ... )
Et je m'inquiète, pour vous aussi, monsieur. Votre aveuglement sur vos manières vous a conduit bien loin, et les hommes dans ces situations n'ont parfois que la fuite en avant comme stratégie. Et l'on sait par l'histoire la fin des autocrates ! Il y a bien du dégât d'abord ...
Vous verrez ce que vous déciderez de faire ...
Et puis aussi je me réjouis :
Je me réjouis que tout cela ait été écarté.
Je me réjouis qu'en pareille tempête il y ait eu de bons marins dans notre fédération. Ils étaient - sans qu'il y ait eu le courage de le dire vraiment - livrés à la vindicte de vos troupes ... Ils ont essuyé les quolibets, supporté la pression ... bien vue les manœuvres ... avec calme et courtoisie ... gardé toujours la mesure et la loi commune ...
Ils ont eu l'élégance de vous donner la parole autant de fois que vous l'avez souhaité, de démissionner pour montrer que là n'était pas leur peur.
Ils ont tenu la maison dignement et je les vois capables de continuer à le faire malgré les tempêtes qui pourraient surgir.
Ils méritent le respect et le soutien de nos adhérents.
Sachez bien monsieur, pour conclure, que je ne doute pas de votre générosité et dévouement de bénévole. En cela vous avez tout mon respect. Mais cette histoire montre que vous n'avez ni le « savoir-faire», ni le « savoir être» pour manager et piloter sereinement une équipe.
« Lâchez » donc ce pouvoir là à ceux qui savent faire, et utilisez vos talents, à d'autres places, pour servir notre collectivité. Cessez d'alimenter les flammes, reprenez vous c'est urgent, songez à influer le retour au calme dont nous avons tant besoin... Vous avez et aurez une grande responsabilité, monsieur, sur la suite de l'histoire.
De tout cela je suis prêt à débattre, publiquement, autant qu'il vous plaira.
Bonne réflexion, monsieur.
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