Je sentais bien que j’allais faire quelque chose… tellement d’envies avec ma nouvelle Aspen II après quelques mois d’échauffement dans des météos moyennes… et puis après un sympathique aller retour « Montlambert/Roc des Bœufs » deux semaines avant, la conviction que pour aller plus loin, il me faut dépasser les trois heures de vol et aller vers les cinq heures et plus ! Se mettre en condition donc, et bien régler la sellette.
Ca descend bien tout de même pour moi et je vois Pierre devant qui ayant raccroché assez bas enroule rapidement jusqu’au nuage. Derrière Roberto fait un plaf en avant du Pelat puis transite directement vers la Dent de Pleuven à la suite de Pierre qui ouvre la route. Je me refais devant le Colombier et entend mes compères en radio qui raccrochent bas sur la Dent de Pleuven tandis que Nico nous dit qu’il arrive enfin dans le secteur.
Je transite à mon tour vers la Dent de Pleuven où j’ai Pierre en visuel qui reprend de l’altitude devant la dent avant de longer le Charbon à hauteur des premiers contreforts. J’arrive à mon tour sur la dent et j’entend Pierre en radio dire qu’il rentre. Il s’est pris une grosse dégueulante qu’il n’a pas aimé et fait demi-tour. Je le croise alors que je reprend de la hauteur le long du Charbon. Un couple de Chamois prés d’un névé ne semble guère effrayé par nos évolutions. Quelques randonneurs me permettent de bien visualiser mes gains d’altitude… d’abord en dessous je ne tarde pas à les regarder d’en haut. J’aperçois également Robert qui scie du bois et cherche à se refaire, et puis Nico qui rejoint à son tour la Dent et enroule d’une seule traite jusque vers 2.600. Cette fois c’est moi qui le suit vers le Roc des Bœufs, et Robert qui a tardé à sortir du Charbon ferme la marche… quelques derniers appels en radio pour m’apercevoir que je n’ai plus de batterie… déjà 2 heures de vol mais pas de problème pour moi, je suis déterminé à faire ma première traversée du Lac d’Annecy sud/nord. Alors, après un plaf à 2.400 devant le Roc des Bœufs : c’est parti !
Accélérateur à fond pour une transition très tranquille… j’en profite pour sortir l’appareil photo et prendre quelques clichés rapides du paysage merveilleux qui m’entoure. Quelle beauté ce lac !
Je me lance de 2.400 mètres un peu avant les Dents de Lanfon mais me fait bien dégueuler avec du –4[1] régulier en approchant du relief… je comprends pourquoi les voiles passent à l’écart… mais j’arrive à me refaire sans trop de difficultés. Nico qui arrive juste derrière mais plus haut se fait satelliser en moins de temps qu’il ne faut pour le dire au dessus du Col de Pertuis… je cherche aussi à faire le plaf et voit Nico au dessus qui part en vallée direction Genève… mais où va t’il ?? Fait il un point de contournement le plus loin possible ?? Je suis plus bas que lui et m’avance plein Nord pour mettre encore un peu de distance avec le point de départ… je ne suis pas loin des 100 km si j’arrive à rentrer, mais il manquera quand même quelques kilomètres… il faudrait en faire encore 2 ou 3 vers le Nord… mais je ne me le sens pas… je ne vois plus Nico qui ne semble pas avoir fait demi-tour… pour moi c’est décidé je rentre !
Nouveau plaf vers 2.500 et cap sur les Dents de Lanfon… J’arrive sur la gencive et me met entre les Dents et le déco de Montmin… erreur sans doute, je sens du mou dans mes commandes, lève la tête pour voir ma voile piquer du nez et partir très violemment en arrière ! Boups… je contrôle, mais cette belle frontale me refroidit un peu et me montre que j’analyse sans doute assez mal l’aérologie du secteur ! Je cherche où prendre du gain pour retraverser le lac… je traîne un peu et entrevois un instant la nécessité de poser à Montmin… c’est dire que le moral hésite… mais je ne tarde pas à trouver un endroit favorable et remonte à un peu moins de 1.600 mètres, suffisant pour la traversée du lac… traversée en crabe car la brise est bien là, mais j’arrive sur le bas du Roc des Bœufs à 900 mètres, bien en place pour l’ascenseur.
La remontée est assez facile bien que les thermiques soient toujours assez forts et que je ressente une baisse de tonicité mentale après 4 heures de vol et la frontale devant les Dents de Lanfon ! En enroulant au dessus du Roc des Bœufs un autre parapente se rapproche et me hèle pour me signaler une clé dans mes suspentes… en effet une suspente de frein fait un nœud suffisant pour que ça se remarque sur le profil de l’aile, mais pas suffisant pour gêner le vol. Et puis… Oups… c’est tout noir du côté de l’Arclusaz et de la Combe de Savoie ! Pas très engageant tout ça… d’un côté j’aimerais bien boucler ce beau vol en effectuant la fin de parcours assez facile que je connais bien… d’un autre, attention à l’objectif de trop ! C’est plus clair du côté du Margériaz, mais là c’est un peu l’inconnu pour moi et puis de toute façon, après, c’est tout aussi noir du côté de la Gallopaz !
Bon… Y’a quand même un peu de luminosité vers le col du Frêne et peut être qu’en s’approchant ce ne sera pas si terrible… et puis je ne vois pas de gros développements au dessus de la masse noire… mais bon, on dirait quand même bien qu’elle englobe une sacrée surface : Belledonne, Maurienne, Combe de Savoie… J’opte pour une solution « radada » : pas de gros plafs, j’essaye de rester en bas… et si je sens que ça monte sans raison : je pose !
Du coup, pas plus de 1.900 mètres de plaf vers le Julioz avant de me lancer vers l’Arclusaz les yeux rivés sur le vario qui reste sagement aux alentours de –1… même chose en longeant les pieds de l’Arclusaz… du +1/+2 par courts instants… pas plus… Je reste bas sans enrouler et m’avance vers le Col du Frêne en passant sous la Crête de la Via… ça passe bien tranquillement… ça y est : c’est fait ! Cap sur l’attéro de St Jean…
Mais sous le vent du col je me prends du –4 en continu… j’arriverais pas à l’attéro officiel mais le terrain de foot de St Jean fera l’affaire ! Posé dans la dégueulante après 5h20mn de vol ! Pas le temps de défaire la sellette et le portable qui sonne… on a dû me voir poser… même pas, c’est ma compagne qui s’inquiète de ne pas avoir de nouvelles avec un ciel aussi chargé… C’est qu’on ne le dirait pas, mais du côté d’Annecy c’est bien dégagé… j’en sais quelque chose !
En tous cas quelle satisfaction d’avoir bouclé une aussi belle aventure, bien engagée, et de fort belle manière ! Pas tout à fait 100 km, mais pas loin… ce sera pour la prochaine… et puis en levant la tête j’aperçois une voile qui passe le Col du Frêne… on est donc deux dans l’aventure ?? Et oui c’est Nico qui me rejoint après avoir été jusqu’à Sous-Dine… il l’avait annoncé avant de décoller… Bravo… et satisfaction aussi de partager à deux ce très beau vol !
(Trace GPS du vol : http://parapente.ffvl.fr/cfd/liste/2006/vol/20060969)
Christian Chevalier
[1] Indication du Variomètre en mètres par seconde ; -4 = une perte de 4 mètres d’altitude par seconde
Et puis depuis quelques jours déjà des plafs de rêve, des petits cums comme on les aime : bien haut et pas trop dodu… mais bon, quand il faut bosser, on ne peut que ronger son frein en espérant que pour le week-end « ça le fera » aussi bien.
Et bien justement les prévisions sont au top pour ce samedi avec des plafs prévisibles aux alentours de 3.000 et un vent météo faible : faut y aller !
Montée à Montlambert après un passage au terrain d’atterrissage et je rejoins un groupe d’Indiens, contemplatif en attendant la bonne heure pour y aller… le temps de manger un morceau et déjà quelques voiles au sommet du Charvet nous signalent que « ça sort »… c’est le moment, faut y aller…
C’est bien alimenté au décollage et Pierre parmi les premiers à être prêt nous arrache le mât de la biroute avec sa voile… histoire de se mettre en confiance…
Décollage pour moi et je vais dans la « combe du deux » toujours bien alimentée… c’est assez pétard et pas bien installé et il me faut une vingtaine de minutes pour atteindre les prés du Charvet, tout comme Roberto, Pierre et Nico que je croise alternativement dans le secteur… je choisis de quitter le coin où je bloque vers 1.300 mètres et d’avancer vers le Pelat en comptant sur le thermique du Col du Pré du Tour pour faire un plaf qui m’ouvre l’entrée dans les Bauges… et ça marche comme prévu, j’enroule avec un bi-place et je vois Pierre qui revient radada du Pelat nous rejoindre dans la pompe. On atteint la fraîcheur (2.200) et on s’ouvre l’horizon. Pierre est parti plus bas que moi vers les contreforts du Colombier, je le suis en direction du nuage en avant du relief. Roberto qui a fait son plaf au Charvet suit pas loin derrière et Nico se démène toujours au dessus du déco pour sortir.
Je transite à mon tour vers la Dent de Pleuven où j’ai Pierre en visuel qui reprend de l’altitude devant la dent avant de longer le Charbon à hauteur des premiers contreforts. J’arrive à mon tour sur la dent et j’entend Pierre en radio dire qu’il rentre. Il s’est pris une grosse dégueulante qu’il n’a pas aimé et fait demi-tour. Je le croise alors que je reprend de la hauteur le long du Charbon. Un couple de Chamois prés d’un névé ne semble guère effrayé par nos évolutions. Quelques randonneurs me permettent de bien visualiser mes gains d’altitude… d’abord en dessous je ne tarde pas à les regarder d’en haut. J’aperçois également Robert qui scie du bois et cherche à se refaire, et puis Nico qui rejoint à son tour la Dent et enroule d’une seule traite jusque vers 2.600. Cette fois c’est moi qui le suit vers le Roc des Bœufs, et Robert qui a tardé à sortir du Charbon ferme la marche… quelques derniers appels en radio pour m’apercevoir que je n’ai plus de batterie… déjà 2 heures de vol mais pas de problème pour moi, je suis déterminé à faire ma première traversée du Lac d’Annecy sud/nord. Alors, après un plaf à 2.400 devant le Roc des Bœufs : c’est parti !
Accélérateur à fond pour une transition très tranquille… j’en profite pour sortir l’appareil photo et prendre quelques clichés rapides du paysage merveilleux qui m’entoure. Quelle beauté ce lac !
J’aperçois les voiles en stage SIV bien en dessous qui manœuvrent, et j’arrive au relief presque au niveau du décollage de la Forclaz, légèrement en dessous. Y’a la queue comme aux grands jours, mais les décollages semblent chauds et le thermique bien en place ! Nico que je n’ai plus eu en radio arrive juste derrière moi, je ne sais pas où est passé Roberto. On enroule dans la grappe avec quelques Indiens en stage SIV… Je salut Thomas avec qui j’enroule quelques tours… avant de poursuivre vers le Lanfonnet. Quelques tours aussi avec Nico pour décider de la suite à donner… « OK pour le Parmelan ?? » Allez c’est parti !
Bon… Y’a quand même un peu de luminosité vers le col du Frêne et peut être qu’en s’approchant ce ne sera pas si terrible… et puis je ne vois pas de gros développements au dessus de la masse noire… mais bon, on dirait quand même bien qu’elle englobe une sacrée surface : Belledonne, Maurienne, Combe de Savoie… J’opte pour une solution « radada » : pas de gros plafs, j’essaye de rester en bas… et si je sens que ça monte sans raison : je pose !
Du coup, pas plus de 1.900 mètres de plaf vers le Julioz avant de me lancer vers l’Arclusaz les yeux rivés sur le vario qui reste sagement aux alentours de –1… même chose en longeant les pieds de l’Arclusaz… du +1/+2 par courts instants… pas plus… Je reste bas sans enrouler et m’avance vers le Col du Frêne en passant sous la Crête de la Via… ça passe bien tranquillement… ça y est : c’est fait ! Cap sur l’attéro de St Jean…
Mais sous le vent du col je me prends du –4 en continu… j’arriverais pas à l’attéro officiel mais le terrain de foot de St Jean fera l’affaire ! Posé dans la dégueulante après 5h20mn de vol ! Pas le temps de défaire la sellette et le portable qui sonne… on a dû me voir poser… même pas, c’est ma compagne qui s’inquiète de ne pas avoir de nouvelles avec un ciel aussi chargé… C’est qu’on ne le dirait pas, mais du côté d’Annecy c’est bien dégagé… j’en sais quelque chose !
En tous cas quelle satisfaction d’avoir bouclé une aussi belle aventure, bien engagée, et de fort belle manière ! Pas tout à fait 100 km, mais pas loin… ce sera pour la prochaine… et puis en levant la tête j’aperçois une voile qui passe le Col du Frêne… on est donc deux dans l’aventure ?? Et oui c’est Nico qui me rejoint après avoir été jusqu’à Sous-Dine… il l’avait annoncé avant de décoller… Bravo… et satisfaction aussi de partager à deux ce très beau vol !
(Trace GPS du vol : http://parapente.ffvl.fr/cfd/liste/2006/vol/20060969)
Christian Chevalier
[1] Indication du Variomètre en mètres par seconde ; -4 = une perte de 4 mètres d’altitude par seconde
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