vendredi 20 juillet 2007

Parapente : Vol Montlambert / Parmelan et retour. 21 avril 2007

Je sentais bien que j’allais faire quelque chose… tellement d’envies avec ma nouvelle Aspen II après quelques mois d’échauffement dans des météos moyennes… et puis après un sympathique aller retour « Montlambert/Roc des Bœufs » deux semaines avant, la conviction que pour aller plus loin, il me faut dépasser les trois heures de vol et aller vers les cinq heures et plus ! Se mettre en condition donc, et bien régler la sellette.

Et puis depuis quelques jours déjà des plafs de rêve, des petits cums comme on les aime : bien haut et pas trop dodu… mais bon, quand il faut bosser, on ne peut que ronger son frein en espérant que pour le week-end « ça le fera » aussi bien.

Et bien justement les prévisions sont au top pour ce samedi avec des plafs prévisibles aux alentours de 3.000 et un vent météo faible : faut y aller !

Montée à Montlambert après un passage au terrain d’atterrissage et je rejoins un groupe d’Indiens, contemplatif en attendant la bonne heure pour y aller… le temps de manger un morceau et déjà quelques voiles au sommet du Charvet nous signalent que « ça sort »… c’est le moment, faut y aller…
C’est bien alimenté au décollage et Pierre parmi les premiers à être prêt nous arrache le mât de la biroute avec sa voile… histoire de se mettre en confiance…

Décollage pour moi et je vais dans la « combe du deux » toujours bien alimentée… c’est assez pétard et pas bien installé et il me faut une vingtaine de minutes pour atteindre les prés du Charvet, tout comme Roberto, Pierre et Nico que je croise alternativement dans le secteur… je choisis de quitter le coin où je bloque vers 1.300 mètres et d’avancer vers le Pelat en comptant sur le thermique du Col du Pré du Tour pour faire un plaf qui m’ouvre l’entrée dans les Bauges… et ça marche comme prévu, j’enroule avec un bi-place et je vois Pierre qui revient radada du Pelat nous rejoindre dans la pompe. On atteint la fraîcheur (2.200) et on s’ouvre l’horizon. Pierre est parti plus bas que moi vers les contreforts du Colombier, je le suis en direction du nuage en avant du relief. Roberto qui a fait son plaf au Charvet suit pas loin derrière et Nico se démène toujours au dessus du déco pour sortir.

Ca descend bien tout de même pour moi et je vois Pierre devant qui ayant raccroché assez bas enroule rapidement jusqu’au nuage. Derrière Roberto fait un plaf en avant du Pelat puis transite directement vers la Dent de Pleuven à la suite de Pierre qui ouvre la route. Je me refais devant le Colombier et entend mes compères en radio qui raccrochent bas sur la Dent de Pleuven tandis que Nico nous dit qu’il arrive enfin dans le secteur.

Je transite à mon tour vers la Dent de Pleuven où j’ai Pierre en visuel qui reprend de l’altitude devant la dent avant de longer le Charbon à hauteur des premiers contreforts. J’arrive à mon tour sur la dent et j’entend Pierre en radio dire qu’il rentre. Il s’est pris une grosse dégueulante qu’il n’a pas aimé et fait demi-tour. Je le croise alors que je reprend de la hauteur le long du Charbon. Un couple de Chamois prés d’un névé ne semble guère effrayé par nos évolutions. Quelques randonneurs me permettent de bien visualiser mes gains d’altitude… d’abord en dessous je ne tarde pas à les regarder d’en haut. J’aperçois également Robert qui scie du bois et cherche à se refaire, et puis Nico qui rejoint à son tour la Dent et enroule d’une seule traite jusque vers 2.600. Cette fois c’est moi qui le suit vers le Roc des Bœufs, et Robert qui a tardé à sortir du Charbon ferme la marche… quelques derniers appels en radio pour m’apercevoir que je n’ai plus de batterie… déjà 2 heures de vol mais pas de problème pour moi, je suis déterminé à faire ma première traversée du Lac d’Annecy sud/nord. Alors, après un plaf à 2.400 devant le Roc des Bœufs : c’est parti !

Accélérateur à fond pour une transition très tranquille… j’en profite pour sortir l’appareil photo et prendre quelques clichés rapides du paysage merveilleux qui m’entoure. Quelle beauté ce lac !
J’aperçois les voiles en stage SIV bien en dessous qui manœuvrent, et j’arrive au relief presque au niveau du décollage de la Forclaz, légèrement en dessous. Y’a la queue comme aux grands jours, mais les décollages semblent chauds et le thermique bien en place ! Nico que je n’ai plus eu en radio arrive juste derrière moi, je ne sais pas où est passé Roberto. On enroule dans la grappe avec quelques Indiens en stage SIV… Je salut Thomas avec qui j’enroule quelques tours… avant de poursuivre vers le Lanfonnet. Quelques tours aussi avec Nico pour décider de la suite à donner… « OK pour le Parmelan ?? » Allez c’est parti !

Je me lance de 2.400 mètres un peu avant les Dents de Lanfon mais me fait bien dégueuler avec du –4[1] régulier en approchant du relief… je comprends pourquoi les voiles passent à l’écart… mais j’arrive à me refaire sans trop de difficultés. Nico qui arrive juste derrière mais plus haut se fait satelliser en moins de temps qu’il ne faut pour le dire au dessus du Col de Pertuis… je cherche aussi à faire le plaf et voit Nico au dessus qui part en vallée direction Genève… mais où va t’il ?? Fait il un point de contournement le plus loin possible ?? Je suis plus bas que lui et m’avance plein Nord pour mettre encore un peu de distance avec le point de départ… je ne suis pas loin des 100 km si j’arrive à rentrer, mais il manquera quand même quelques kilomètres… il faudrait en faire encore 2 ou 3 vers le Nord… mais je ne me le sens pas… je ne vois plus Nico qui ne semble pas avoir fait demi-tour… pour moi c’est décidé je rentre !

Nouveau plaf vers 2.500 et cap sur les Dents de Lanfon… J’arrive sur la gencive et me met entre les Dents et le déco de Montmin… erreur sans doute, je sens du mou dans mes commandes, lève la tête pour voir ma voile piquer du nez et partir très violemment en arrière ! Boups… je contrôle, mais cette belle frontale me refroidit un peu et me montre que j’analyse sans doute assez mal l’aérologie du secteur ! Je cherche où prendre du gain pour retraverser le lac… je traîne un peu et entrevois un instant la nécessité de poser à Montmin… c’est dire que le moral hésite… mais je ne tarde pas à trouver un endroit favorable et remonte à un peu moins de 1.600 mètres, suffisant pour la traversée du lac… traversée en crabe car la brise est bien là, mais j’arrive sur le bas du Roc des Bœufs à 900 mètres, bien en place pour l’ascenseur.

La remontée est assez facile bien que les thermiques soient toujours assez forts et que je ressente une baisse de tonicité mentale après 4 heures de vol et la frontale devant les Dents de Lanfon ! En enroulant au dessus du Roc des Bœufs un autre parapente se rapproche et me hèle pour me signaler une clé dans mes suspentes… en effet une suspente de frein fait un nœud suffisant pour que ça se remarque sur le profil de l’aile, mais pas suffisant pour gêner le vol. Et puis… Oups… c’est tout noir du côté de l’Arclusaz et de la Combe de Savoie ! Pas très engageant tout ça… d’un côté j’aimerais bien boucler ce beau vol en effectuant la fin de parcours assez facile que je connais bien… d’un autre, attention à l’objectif de trop ! C’est plus clair du côté du Margériaz, mais là c’est un peu l’inconnu pour moi et puis de toute façon, après, c’est tout aussi noir du côté de la Gallopaz !

Bon… Y’a quand même un peu de luminosité vers le col du Frêne et peut être qu’en s’approchant ce ne sera pas si terrible… et puis je ne vois pas de gros développements au dessus de la masse noire… mais bon, on dirait quand même bien qu’elle englobe une sacrée surface : Belledonne, Maurienne, Combe de Savoie… J’opte pour une solution « radada » : pas de gros plafs, j’essaye de rester en bas… et si je sens que ça monte sans raison : je pose !

Du coup, pas plus de 1.900 mètres de plaf vers le Julioz avant de me lancer vers l’Arclusaz les yeux rivés sur le vario qui reste sagement aux alentours de –1… même chose en longeant les pieds de l’Arclusaz… du +1/+2 par courts instants… pas plus… Je reste bas sans enrouler et m’avance vers le Col du Frêne en passant sous la Crête de la Via… ça passe bien tranquillement… ça y est : c’est fait ! Cap sur l’attéro de St Jean…

Mais sous le vent du col je me prends du –4 en continu… j’arriverais pas à l’attéro officiel mais le terrain de foot de St Jean fera l’affaire ! Posé dans la dégueulante après 5h20mn de vol ! Pas le temps de défaire la sellette et le portable qui sonne… on a dû me voir poser… même pas, c’est ma compagne qui s’inquiète de ne pas avoir de nouvelles avec un ciel aussi chargé… C’est qu’on ne le dirait pas, mais du côté d’Annecy c’est bien dégagé… j’en sais quelque chose !

En tous cas quelle satisfaction d’avoir bouclé une aussi belle aventure, bien engagée, et de fort belle manière ! Pas tout à fait 100 km, mais pas loin… ce sera pour la prochaine… et puis en levant la tête j’aperçois une voile qui passe le Col du Frêne… on est donc deux dans l’aventure ?? Et oui c’est Nico qui me rejoint après avoir été jusqu’à Sous-Dine… il l’avait annoncé avant de décoller… Bravo… et satisfaction aussi de partager à deux ce très beau vol !

(Trace GPS du vol : http://parapente.ffvl.fr/cfd/liste/2006/vol/20060969)

Christian Chevalier

[1] Indication du Variomètre en mètres par seconde ; -4 = une perte de 4 mètres d’altitude par seconde

Parapente : première traversée des Bauges en parapente - 1er juin 2005

Ce mercredi 1er juin commence doucement par la consultation de la météo spéciale vol-libre sur Internet à 9h30… non pas que j'ai besoin de cela pour voir s'il fait beau… mais pour savoir si "ça va le faire" comme on dit chez les parapentistes… bref est-ce que ça va monter haut ??

D'autant que je suis très motivé motivé… l'année dernière à la même époque je me remettais d'une entorse au genou, et depuis ce début d'année pas de grandes conditions de vol… où alors j'étais au boulot…

Le boulot justement, parlons-en ! C'était plutôt intense ces derniers temps avec plusieurs incidents inhabituels ces dernières semaines et qui ont fait grandir un climat de tension et d'insécurité dans le groupe et de la fatigue dans l'équipe : un vol de vélo avec effraction commis par un jeune en errance, ancien hébergé renvoyé… un hébergé alcoolisé qui frappe une maîtresse de maison (c'est la première fois en six ans)… et puis un vol avec effraction commis visiblement par un ancien hébergé avec une complicité interne… bref, un coup de "calgon" qui m'a demandé beaucoup de présence et de vigilance ces derniers temps pour rassurer et rétablir un sentiment de sécurité et d'apaisement dans le groupe..
Alors cette semaine de vacances je l'ai commencée au bureau, lundi, mais pour constater que le calme était revenu et l'équipe bien en place… donc OK pour m'accorder un peu de répit et profiter enfin d'un peu de beau temps pour essayer de faire quelques beaux vols…

Et puis je me sens prêt… j'ai changé de voile en ce début d'année et j'ai affûté mon matériel. J'ai maintenant une sacoche ventrale dans laquelle je range une réserve d'eau avec un tuyau pour boire pendant les vols de durée ; j'y accroche également radio et micro pour communiquer en vol avec les autres pilotes, un GPS pour la vitesse sol et pour savoir si mon altitude me permet de rejoindre mon objectif, et un vario qui m'indique par ses bips sonores l'intensité de la montée… ou de la descente… et qui m'aide à bien centrer les ascendances. Et puis, à défaut de grandes journées, j'ai quand même bien volé, avec plusieurs vols de 2 heures et plus, en local, qui m'ont permis d'affûter mes sensations.
Manque plus qu'une météo adaptée… et ce premier juin semble sympa, mais un peu mou pour voler sur le site local où hier on s'est fait chahuter pendant une heure par un vent du nord un peu fort… Alors on décide d'aller sur Annecy, où, paraît-il, le lac aide à faire sauter les inversions qui nous empêchent de bien monter…

Il me reste un peu de temps pour faire quelques courses avant de me rendre à midi à l'atterrissage de St Jean de la Porte, rendez-vous de la tribu des Indiens dont je fais partie. On n'est que deux à partir avec ma Kangoo mais on doit ramasser un troisième larron à Albertville et rejoindre des Mauriennais sur le site du Col de La Forclaz, l'un des décollages les plus fréquenté de France ! Le site est magnifique sur les bords du Lac d'Annecy et de nombreuses écoles de la région y amènent leurs élèves pour des stages de Simulation Incidents de Vol… au-dessus du lac les réceptions sont moins risquées quand on doit utiliser son parachute de secours !

Beaucoup d'Allemands sont présents et nous font quelques démonstrations de décollages burlesques… d'autant que c'est plutôt fort… il est deux heures de l'après midi et la brise dresse les deux manches à air à 45°… à peine la voile au-dessus de la tête c'est l'ascenseur direct pour une bonne centaine de mètre de gains et sans avancer face à la brise ! Impressionnant ! Ca monte presque trop… et les voiles en l'air se font brasser sévèrement, semble t'il… Les Mauriennais ne sont pas très motivés pour se mettre en l'air dans ces conditions et l'on commence à se dire que ce n'est décidément pas la bonne journée que l'on pouvait penser… Alors on attend… pour voir si les conditions se renforcent encore ou si elles faiblissent… et puis notre repère pour notre projet de traverser le lac, c'est de voir s'il y a des voiles au-dessus des Dents de Lanfon… point de départ habituel pour traverser le lac et rentrer dans les Bauges… en attendant Jean-Louis nous montre sur la carte les itinéraires possibles d'une traversée des Bauges avec les explications adéquates sur les brises et thermiques du secteur.


Trace du vol sur Google Earth
 Enfin vers 15h30 deux voiles ont dépassé les Dents de Lanfon… c'est le signal du départ, on sort le matériel, on s'équipe et on se prépare, on déplie la voile et on vérifie que tout est clair dans les suspentes. Une fois prêt on prend son tour sur la toile du décollage où 5 à 6 parapentes peuvent se déployer en même temps.

Séquence émotion… je n'ai pas fait de très beaux décollages ces derniers temps et même quelques sketches… et par ces conditions fortes c'est toujours un moment où le cœur bat un peu plus fort… un pré-gonflage pour vérifier que tout va bien et mettre l'aile en bonne position et on essaye d'attendre un créneau plus laminaire et où il n'y a pas d'entrées de vent de travers… Jean-Louis décolle en premier et s'y prend à deux fois pour amener sa voile correctement au dessus de sa tête…

C'est mon tour, je suis face à ma voile, je tire sur les avants pour qu'elle gonfle et monte au-dessus de ma tête, je contrôle aux freins… petit coup d'œil de vérification et je me retourne pour me lancer dans la pente en suivant ma voile qui part sur la gauche… faut pas la contrarier dans ces moments là… suffit de sauter un peu pour éviter la voile au sol devant moi… ça y est, je suis en l'air et ça monte immédiatement… Ouf ! la phase la plus délicate s'est déroulée sans problèmes… je m'installe dans ma sellette, allume mon vario et commence ma recherche des meilleures ascendances… en dessous, c'est André qui décolle pour nous rejoindre…

C'est tout de suite assez fort… on se prend de bonnes claques en rentrant dans des ascendances qui nous chahutent un peu en nous faisant prendre quelques dizaines de mètres… que l'on perd tout aussi rapidement dans des dégueulantes qui font beugler nos varios… On regarde autour de soi les autres voiles pour repérer les coins où ça monte… parfois ce sont des rapaces qui enroulent et nous montrent les thermiques… et puis il faut se concentrer sur son vol… sentir… analyser… rentrer dans son vol et comprendre la masse d'air… de temps en temps un gros déséquilibre dans la sellette et des bruits dans la voile nous indiquent des petites fermetures… à n'en pas douter c'est turbulent ! Il faut bien tenir sa voile… Petit à petit ça vient… on commence à enrouler et garder le thermique sur plusieurs tours pour prendre jusqu'à plusieurs centaines de mètres dans la même colonne d'air.

On s'appuie sur un premier relief juste derrière le déco… Jean-Louis et André ont été plus rapides que moi et je les vois partir vers le Lanfonnet… un peu bas il me semble… Normalement il faudrait aller jusqu'à 2000 mètres minimums pour envisager de traverser le lac et ils ne sont qu'à 1500 mètres environ !

Je m'engage vers le nord pour les suivre mais j'aperçois sur ma droite, bien au-dessus, un bi-place qui longe le flanc de la Tournette et ne semble pas chahuté. Je prends le parti d'aller le rejoindre et trouve effectivement de belles ascendances qui me montent jusque vers 1900 mètres. Ca me suffit pour être au dessus du Lanfonnet et je transite vers ses falaises pour compléter mon gain… Je me fais bien secoué en arrivant sur les crêtes et rencontre des ascendances qui me bousculent fortement… pas très confort tout ça et faut garder sa voile bien au dessus de la tête ! Mais bon ça monte… dans les moments d'accalmies je profite de ces alpages magnifiques… Mon Dieu que ces montagnes sont belles… avec le lac en toile de fond… splendide ! Quel bonheur !

J'entends Jean-Louis en radio sans toujours comprendre ce qu'il me dit… je les ai vus bas et j'ai l'impression qu'ils se sont posés sans avoir pu traverser… Je navigue pour ma part entre 1900 et 2000 mètres… et puis une dernière ascendance me monte à 2200 mètres… c'est bon j'annonce en radio que j'y vais et prend le cap pour traverser le Lac au niveau du château de Duingt et vers le Roc des Bœufs où il faudra raccrocher pour poursuivre dans les Bauges.

Faut avancer en crabe pour contrer la dérive… les brises sont fortes mais mon GPS, qui m'indique ma vitesse sol, me rassure quand à mon avancée vers ma destination. Au moins pendant la traversée c'est tranquille et je prends le temps d'admirer le paysage… quelle merveille ce lac d'Annecy !

Ca y est traversée effectuée et je rejoins assez haut le Roc des Bœufs où il y a déjà trois voiles… dont mes deux compères qui ont réussi à traverser également en étant partie de moins haut… super ! A trois on repère mieux les ascendances et la remontée de cette longue falaise est assez facile et plutôt plaisante… mais vient une ligne à haute tension qui barre notre progression, il faut prendre suffisamment de marge pour ne pas prendre de risques… à ce petit jeu André est contraint de s'éloigner des crêtes et ne retrouve plus rien pour se maintenir dans la course… il est obligé d'aller se poser prés d'une route et devra attendre la navette prés du Col de Leschaux !

On continue Jean-Louis et moi… c'est moi qui suis devant et passé le sommet du Roc des Bœufs je poursuis sur le bout de la falaise où, d'après Jean-Louis, il faudrait faire le maximum de gain pour poursuivre le voyage… mais je ne trouve rien de bien encourageant et fais demi-tour pour revenir vers le sommet où c'était meilleur… mais je suis surpris par la force de la brise et n'arrive pas à avancer face à elle et me fait même sérieusement dégueuler… Jean-Louis qui me rejoint fulmine en radio contre les "brises du nord" et nous nous éloignons de cette zone plutôt descendante… on va tenter de se refaire sur le Julioz… Je vois Jean-Louis devant moi faire un arc de cercle devant le relief du bas du Chabert et partir en plaine… il renonce et va se poser… moi j'aperçois un bout de caillou bien au soleil avec les feuilles des arbres bien remuées… c'est bon signe… et je m'y accroche pour longer la crête… ça remonte doucement… Je vois pendant ce temps là Jean-Louis qui pose dans un champ à 1 km environ du Chatelard… De mon côté, le Chabert n'est pas bien haut et je me retrouve comme tout à l'heure en bout de relief sans rien trouver de significatif… j'arrive bien à prendre une quarantaine de mètres mais je les reperd tout aussi rapidement… je vois le village du Châtelard et je me dit que j'ai déjà fait un bien beau vol… j'hésite à aller rejoindre Jean-Louis, où à poser à l'entrée du village… je tourne mais n'arrive pas à vraiment m'extraire… je vois bien quelques nuages qui m'indiquent qu'il doit bien y avoir quelques ascendances dans le coin… Jean-Louis m'encourage en radio… je persévère un peu et puis je vois que je peux passer la crête et aller me poser un peu plus loin dans la vallée vers Compôte… je finis par m'y lancer et trouve dans le petit col entre le Chabert et le Julioz un beau thermique qui me remonte proprement jusqu'au nuage et 2100 mètres ! Incroyable… en enroulant ce beau thermique j'aperçois un parapente qui vient d'Annecy comme nous et qui se pose vers Compôte… Cette fois j'entrevois le succès et le bas de l'Arcluse à ma portée… si j'accroche sur ses falaises ensoleillées je devrais y trouver de quoi remonter jusqu'à la dent de l'Arcluse pour basculer dans la Combe de Savoie !

C'est partit pour la transition et j'accroche comme prévu sans difficultés… je longe bientôt toute la pente en remontant avec elle… C'est incroyable… je l'ai fait ! Je jubile intérieurement et l'annonce en radio avant de me faire tarter copieusement en arrivant au col… je ne sais pas trop quelle aérologie il y a ici, mais faut pas chercher à comprendre et se barrer vite fait en gardant ses distances avec le sol ! Mais c'est fait, je bascule de l'autre côté… ça y est, je suis au dessus de St Pierre d'Albigny et me demande où aller poser : Chamoux ou St Jean de la Porte ?? Chamoux ça rajouterait quelques kilomètres au compteur mais faudrait attendre la navette un bon bout de temps… à moins que là bas aussi je raccroche le relief pour poursuivre cette belle aventure… mais ce que je viens de faire me suffit… On m'attend pour un dîner d'anniversaire… et un appel radio pour savoir s'il y a d'autres Indiens sur le site restant sans réponses j'opte pour St Jean… et même pour le terrain de foot qui est le plus proche du bistro…

Me voilà posé après deux heures et onze minutes de vol… je me précipite pour satisfaire un besoin naturel (il était temps) avant de téléphoner aux collègues pour leur annoncer la nouvelle. André attend toujours au Col de Leschaux que ma Kangoo conduite par un Mauriennais passe le prendre.

J'espère qu'ils ne vont pas trop tarder car je ne voudrais pas me mettre en retard pour mon rendez-vous… nous avons réservé une table au bord du Lac d'Aiguebelette.

En attendant ma voiture je conte mes exploits aux quelques "Indiens" présents et paye ma tournée pour arroser cette première traversée des Bauges et mon anniversaire.

Enfin la voiture arrive… le temps de payer à boire à tout le monde et je bat le record St Jean / Planaise / Douche et habillage / Chambéry… pour se retrouver une demi heure plus tard au restaurant au bord du lac d'Aiguebelette : St Jacques flambées au wiski et filet de perche pour finir…

Voilà un premier juin que je n'oublierais pas de sitôt !

Christian