J’aimerais découvrir votre jardin, madame… curieux aussi de vous approcher et creuser vos mots…
....il y a tant à faire et inventer !
Mille et une essences et autant de parfums dans ce jardin vous troubleront, monsieur...
De la sauge odorante, sage et vernissée, à l’armoise sauvage et thyms envahissants…
Fragiles brindilles ou solides racines vous conteront
le théâtre de mes quatre saisons…
et si l’ombre est fraîche, douce est la terre…et tendre le moment
Ne craignez rien, mais prenez votre temps… pressez le portillon…
Troublé, madame, je le suis par ces ambiances qui me ressemblent.
Vient l'envie d'aller trainer dans les vignes pour y poser quelques collets… il s'y trouvera bien un lapin ou un lièvre pour se laisser prendre…
Nous pourrions en faire un beau civet pour faire honneur à vos herbes et rassembler quelques amis… un petit vin des coteaux de l'Ardèche pour délier les langues et égayer la bande… Je vous entrainerais, cela fini, à profiter de l'ombre avec moi… vous asseoir entre mes bras… sentir votre peau, regarder vos mains… rêvasser ensemble à contempler les crêtes de Belledonne… vous faire des chatouilles, entendre vos rires… partir en chamailleries…
Regardez au crépuscule ma dame : doucement au couchant Vénus vient à Jupiter… en prenant tout son temps.
…Vos mots me touchent, monsieur, ils sont vivants…
J’aime les guerriers et leurs combats, me laisser tenter par leur tendre piège…
troublée, bien sûr, et plus que de raison…
...il me prend à rêver d’un ailleurs, de matins lumineux, de pied de nez à la lune,
aux astres malfaisants,
de paumes tièdes sur mes seins ronds…
à vous, derrière cet écran..
Quelles sont vos brises, vos tempêtes, vos ouragans ?
Je pars tôt ce matin ma dame… réchauffer ces journées auprès de quelques amis
J’emmène avec moi vos rêves, votre prénom, votre trouble … ils rendent mon cœur printanier !
Aussi votre belle question… (J’aime votre exigence et cette sobriété de l’essentiel…)
Elle occupe mes pensées… Je vous répondrais bientôt.
Votre question est vaste et difficile… importante au point où nous en sommes… je sais les belles pirouettes mais elles seraient indignes de ce que nous voulons…
Il se termine pour moi une histoire où l’intelligence fine et la beauté, de belles énergies créatrices, une animalité partagée n’ont pas suffit à ouvrir l’intime de l’autre… quand cela se protège, se ferme, se verrouille… des peurs agressives qui se dénoncent chez l’autre de ne pas être vu en soi…
Las, j’ai d’autres exigences, aujourd’hui la maison est en vente… avec elle le jardin façonné de nos mains… le soleil est partout, l’ombre précieuse… Elle est sur Belledonne et regarde magnifiquement la Chartreuse, la Dent de Crolles et la vallée du Grésivaudan… les romarins, les bruyères, les genets… quelques pieds de vignes… toute cette vie à suivre encore dans un dernier printemps…
En attendant la cohabitation est digne, mais triste et silencieuse… curieux comme l’absence d’intimité délie facilement six années de vivre ensemble…. Triste les richesses gâchées…
Au travail aussi mon engagement est à son terme… l’envie n’est plus là… laminée par la rudesse du monde vue depuis l’hébergement d’urgence… une nouvelle chef aussi, brutale et sans bienveillance… des équipes parfois bien compliquées à animer… Bref une année de transition devant moi pour me reprendre, préparer ma sortie… retrouver envie et plaisir.
Tout cela m’a bien fait traverser quelques tempêtes… et les journées pluvieuses ont été nombreuses ces derniers temps… mais je suis bon marin et sait faire le dos rond avec patience en attendant les mers calmes, le retour du soleil et l’abri du port…
C’est que j’ai commencé tôt mon apprentissage…. mes parents avaient trop de carcans pour bien nous aider à éclore… alors j’ai appris en rebelle, me cognant à la vie comme font les sales gosses… je n’ai jamais craint ni coups ni cicatrices, mais ai toujours su éviter les méchantes blessures… au prix sans doute d’une bien rude carapace… c’est que, derrière, ma sensibilité est extrême…
Aujourd’hui je sais beaucoup des vents, comment bien les écouter et utiliser leur force… respecter surtout leurs colères avec humilité (c’est le secret pour se garder des ouragans !)… ce sont de bons amis, ils portent ma voile et mes aspirations, me susurrent les vérités de la nuit des temps et toujours leurs tempêtes m’ont aidé à grandir en balayant le superflu (je n’ai jamais su leur en vouloir des douleurs infligées pour cela !)…
Me voilà donc encore et toujours, jeune nouveau-né, Phénix tourné vers l’avenir… des projets de GR20, d’anniversaire à Amsterdam, de week-ends entre amis, de vols immenses, de soirée où l’on chante en buvant un peu trop, de musiciens à trouver pour faire une bande, de fourgon où dormir et entasser son foutoir… « ...et mille autres à inventer ! »
Et vous ma dame… déjà un pied dans mes rêves et forte dans mes pensées… vos mots sont beaux, sobres, puissants et justes… une graine germe en mon ventre, écarte la terre, un peu de vert ose le soleil… Dans le ciel de nos soirées, toujours, Vénus s’approche de Jupiter….
"Quand on est amoureux, si on n'a pas peur c'est qu'on est infréquentable."
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire